Comprendre le suicide


Comprendre:

Une seule cause ne peut pas expliquer ce qui amène une personne à vouloir s’enlever la vie. En fait, c’est un amalgame de plusieurs facteurs, combiné à la présence d’une souffrance psychologique devenue intolérable pour la personne, qui fera naître un sentiment de désespoir où la personne peut en arriver à envisager le suicide comme une issue à sa souffrance.

Souvent, c’est un événement, un déclencheur, qui vient s’ajouter à un ensemble de facteurs de vulnérabilité déjà présents. On ne peut pas juger de la gravité ou non d’un événement sans tenir compte de l’ensemble du vécu de la personne. Par exemple, deux étudiants apprennent qu’ils sont exclus de leur programme. Pour le premier, malgré cette nouvelle difficile à accepter, on retrouvera chez lui des éléments qui feront en sorte de le protéger. La présence d’un réseau de soutien, une bonne hygiène de vie, l’occasion pour cet étudiant de revoir son plan d’études et une capacité à se projeter dans un futur différent de celui prévu au départ, par exemple. À l’inverse, le même événement peut être vécu de façon très différente pour une autre personne. Des enjeux reliés au contexte familial, une tentative de suicide dans le passé, une absence de soutien social, un sentiment de détresse déjà présent avant cette annonce sont des exemples de facteurs qui, à l’inverse, sont susceptibles de fragiliser davantage la personne.

La compréhension du suicide demande donc de tenir compte d’un ensemble d’éléments. Chaque personne est unique et il n’y a pas de chemin prédéfini qui mène un individu à vouloir poser un geste contre lui-même. Il est impossible de mesurer la détresse d’une personne en tenant compte simplement d’un événement ou d’une situation. Lorsqu’une personne parle de suicide ou démontre des indices pouvant laisser croire qu’elle pense au suicide, il faut toujours prendre cela au sérieux! Ce n’est pas à nous de juger de l’ampleur de son sentiment de détresse.

Stress, détresse et sentiment de désespoir

Stress

Le stress fait partie de la vie. En fait, le stress est une source d’énergie qui peut s’avérer positive et qui nous donne la motivation nécessaire pour relever les défis au quotidien.

La poursuite des études universitaires représente un grand défi pour les étudiantes et les étudiants. Elle comprend son lot de stress et demande souvent à ceux-ci beaucoup d’adaptation. Déménagement dans une nouvelle ville, éloignement du réseau social, adaptation à la culture universitaire, échecs scolaires pouvant mener à l’abandon ou à l’exclusion d’un programme, difficultés financières, insatisfaction face aux études, indécision face au choix de carrière, inquiétudes face à l’avenir, pour ne nommer que ceux-ci.

Détresse

Par différents moyens, chacun tente de garder son équilibre, de traverser ces épreuves du mieux qu’il peut avec les ressources internes et externes dont il dispose. Au fil du temps, un stress continu peut devenir une source de tension et demander beaucoup d’énergie. Cette tension peut amener la personne à vivre un sentiment de détresse et elle éprouvera alors de la difficulté à répondre aux exigences de la vie quotidienne. Parfois, d’autres soucis viennent s’ajouter à ceux déjà présents et plus le temps passe, plus les solutions s’amenuisent pour la personne.

Les stratégies qui fonctionnaient jusqu’à maintenant ne donnent plus les mêmes résultats. La personne essaie de nouvelles stratégies qui ne sont pas toujours adéquates. Parfois, pour composer avec cette détresse, la personne utilise des solutions qui peuvent fonctionner à court terme, mais qui, au fil du temps, peuvent s’avérer néfastes pour sa santé. Consommation de drogues ou d’alcool, alimentation déficiente (trop ou pas assez), fuite du problème par différents moyens comme l’utilisation abusive d’internet, des réseaux sociaux, des jeux vidéo, procrastination, en sont quelques exemples.

Souffrance et désespoir

Souffrir, c’est inévitable. Cela fait partie de la vie. La souffrance est quelque chose de très subjectif qu’il est impossible de mesurer. Chacun de nous avons notre propre relation avec la souffrance.

Le passé de chaque personne est constitué d’histoires souffrantes. La vie est parfois remplie d’adversités et d’obstacles, en même temps qu’elle contient aussi de belles choses, de beaux souvenirs. Lorsqu’une personne a des idées suicidaires, c’est un signal d’alarme! C’est le signe que la souffrance semble de plus en plus intolérable pour la personne. En s’isolant, l’individu en vient à croire que personne ne peut l’aider. La personne peut avoir de la difficulté à se projeter dans le futur et en arriver à croire que cette souffrance sera permanente. La personne peut se sentir impuissante à l’égard de ce qu’elle vit et croire qu’elle ne possède pas ce qu’il faut pour s’en sortir.

Facteurs associés au suicide

Bien sûr, au-delà de la capacité de la personne à composer avec cette souffrance, on retrouve un ensemble de facteurs qu’on dit associés au suicide. Parmi ceux-ci, on retrouve le fait d’avoir déjà commis une ou des tentatives de suicide, la difficulté pour la personne à s’imaginer dans un avenir meilleur, l’abus de substances, l’impulsivité, l’absence de soutien social et la difficulté pour la personne à prendre soin d’elle et à répondre à ses besoins de base.

À l’inverse, des facteurs dits de protection amèneront la personne à surmonter cette souffrance vécue et à trouver des solutions adéquates à celle-ci. La capacité pour la personne à demander de l’aide, le soutien de son réseau social, de fortes raisons de vivre, des projets, la capacité pour la personne à prendre soin d’elle, à adopter de saines habitudes de vie, à accepter et accueillir la souffrance en se donnant des moyens adéquats de la soulager, en sont des exemples.

Conclusion

Il est impossible de savoir si une personne pense au suicide seulement en se basant sur les indices de détresse que l’on observe. Si nous avons un doute que la personne puisse penser au suicide, il est important de ne pas hésiter à aller chercher l’information auprès de la personne pour qui l’on s’inquiète. Si nous nous sentons démunis, il ne faut pas hésiter à demander du soutien.

Dans la majorité des cas, la personne ne se suicidera pas du jour au lendemain, sans avertissement. Tout nous porte à croire que l’ambivalence chez la personne est toujours présente. En même temps qu’une partie d’elle souffre et cherche un moyen d’arrêter cette souffrance, une autre partie continue de se battre et nourrit son espoir d’une vie meilleure. Et c’est pour cette partie qu’il est important de ne jamais hésiter à intervenir auprès d’une personne qui exprime une telle souffrance. Il ne faut jamais baisser les bras!

Ressources

 


Université Laval


Centre d’aide aux étudiants

Local 2121, Pavillon Maurice-Pollack 418-656-7987


Ressources hors campus


1-866-APPELLE (1-866-277-3553)

Ligne téléphonique régionale 24/7

 

Centre de crise de Québec

418-688-4240

 

Liste des Centres de prévention du suicide de la province www.cpsquebec.ca

 

Pour obtenir de l’information générale sur la prévention du suicide au Québec

Association québécoise de prévention du suicide  www.aqps.info