Comité de prévention du suicide à l’Université Laval

L’Université Laval se sent directement concernée par ce que vivent les étudiantes et les étudiants, et par tout ce qui entoure le suicide. Le Centre d’aide aux étudiants a donc décidé, en 1999, de mettre sur pied un Comité de prévention du suicide.

Le contexte

En 1998, alerté par le phénomène grandissant du nombre de suicides complétés et des tentatives de suicide chez les jeunes de 15 à 24 ans, le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a mis sur pied la Stratégie québécoise d’action face au suicide. Cette stratégie s’inscrivait dans le cadre des priorités nationales en santé publique et des opérations pour la transformation des services en santé mentale.

Au même moment, les professionnels du Centre d’orientation et de consultation psychologique (qui est devenu le Centre d’aide aux étudiants), observent qu’ils ont de plus en plus à intervenir auprès d’étudiantes et d’étudiants qui présentent des idées suicidaires, ainsi qu’auprès de leurs proches. Il devient donc impératif à ce moment que l’Université Laval se dote d’une structure en matière de prévention du suicide. Le Centre entre alors en contact avec le Centre de prévention du suicide de Québec, qui l’invite à faire partie du Regroupement des représentants en prévention du suicide des établissements d’enseignement supérieur de Québec et de Lévis. Il s’agit d’une table de concertation régionale. C’est en assistant aux rencontres de ce regroupement et en s’enrichissant de son expérience que l’idée de former son propre comité de prévention du suicide émerge. Ainsi, à l’automne 1999, sous la coordination du Centre d’orientation et de consultation psychologique, est mis sur pied le Comité de prévention du suicide à l’Université Laval.

Au cours de cette période d’implantation, une étude menée par le Ministère de l’Éducation rapporte que « la perception des standards de performance à atteindre peut induire chez plusieurs étudiants universitaires un niveau de stress important. Ce stress ou d’autres facteurs, joints à d’autres circonstances personnelles, peuvent conduire à diverses formes de détresse psychologique: déprime légère, tentative de suicide, dépression prononcée, suicide ».[1] De plus, dans son rapport de 1999, l’Ombudsman souligne qu’il « apparaît indispensable d’inviter l’ensemble du corps professoral et du personnel administratif à porter une attention plus grande aux besoins particuliers de certains étudiants en cherchant à déceler les signes avant-coureurs d’une détresse plus grande »[2]. Ces observations ne font donc que renforcer l’importance et la pertinence d’implanter un comité de prévention du suicide.

À l’Université Laval, la santé mentale des étudiants demeure au cœur des préoccupations. Des actions en ce sens sont régulièrement mises en place afin de sensibiliser et d’outiller les membres de la communauté universitaire.

 

Le comité de prévention du suicide à l’Université Laval

La mission

Le comité de prévention du suicide a pour principale mission de prévenir le suicide chez les étudiantes et les étudiants de l’Université Laval

Le mandat

Le comité s’est donné comme mandat de:

  • Créer un lieu d’échange et de support concernant la problématique du suicide chez les étudiants universitaires;
  • Agir comme organisme-conseil auprès de l’entourage des étudiantes et des étudiants qui songent au suicide (amis, collègues, professeurs, famille);
  • Planifier des activités de prévention, d’intervention et de postvention;
  • Mettre à jour et faire connaître les ressources existantes concernant la problématique du suicide.

 La clientèle visée

Le comité agit auprès des étudiantes et des étudiants qui songent au suicide ou qui sont endeuillés d’un proche qui s’est suicidé. Il intervient également auprès des membres de l’entourage d’une étudiante ou d’un étudiant qui songe au suicide, qu’il s’agisse d’un ami, d’un collègue, d’un professeur ou d’un membre de la famille, lorsque ces personnes désirent des conseils ou connaître les ressources pouvant les aider.

La composition du comité

Le comité est formé des personnes suivantes:

  • Deux personnes du Centre d’aide aux étudiants responsables de la coordination des réunions et des activités du comité;
  • Un représentant ou une représentante des étudiants et des étudiantes de premier cycle (CADEUL);
  • Un représentant ou une représentante des étudiants et des étudiantes du 2e ou 3e cycle (AELIÉS);
  • Un ou une étudiante membre d’une association étudiante parascolaire;
  • Deux professeur et/ou directeur de programme et/ou de département;
  • Une personne du Service de sécurité et de prévention;
  • La personne responsable des relations d’aide du Service des résidences;
  • Une personne du Bureau de la vie étudiante;
  • Une sentinelle faisant partie du Réseau de sentinelles à l’Université Laval;
  • La personne responsable du programme Mon Équilibre UL;
  • Une personne de Santé et mieux-être au travail;
  • Une personne du Centre de prévention du suicide de Québec.

 

Les niveaux d’action du comité

Comme mentionné dans la description du mandat, le comité s’applique à planifier et à mettre en place des actions visant la prévention du suicide à l’Université Laval. Ces actions s’inscrivent dans les quatre champs suivants: la promotion de la vie, la prévention, l’intervention et la postvention.

La promotion de la vie 

On vise ici à agir sur les habiletés et les conditions de vie universitaire favorisant le développement personnel et social des étudiantes et des étudiants. On cherche également à valoriser la demande d’aide et à favoriser l’entraide et le soutien entre les étudiantes et les étudiants. Bref, on a pour objectif d’améliorer la qualité de vie des gens.

La prévention 

On agit à ce niveau dans le but de prévenir l’apparition de crises suicidaires. Les activités de prévention visent à sensibiliser la population aux signes de détresse psychologique, souvent précurseurs d’une crise suicidaire, et à faire connaître au plus grand nombre de personnes possibles les ressources disponibles sur le campus. Ainsi, on désire amener les gens à devenir des sentinelles qui reconnaîtront les personnes souffrantes et leur offriront de l’aide. On s’occupe donc ici de l’avant-crise.

L’intervention

En plus d’amener les gens à reconnaître les personnes en détresse, on tente ici de former les gens à intervenir encore plus directement auprès de celles-ci. L’intervention désigne donc les initiatives axées sur la formation des intervenants, la prise en charge immédiate des crises suicidaires et sur un suivi à plus long terme auprès des sujets à risque, à savoir des soins, un traitement et du soutien. On s’occupe ici du pendant la crise.

La postvention

On vise à ce niveau à intervenir auprès de l’entourage à la suite d’un décès par suicide. Dans ce cadre, les interventions réalisées ont pour objectif de réduire, à court et à long terme, les effets négatifs qui découlent du suicide et de prévenir la contagion, c’est-à-dire, le processus qui entraîne la reproduction du geste suicidaire. On s’occupe de l’après-crise. Le Comité a d’ailleurs mis sur pied de manière officielle une procédure à suivre en cas de suicide sur le campus.

 

 Conclusion

La prévention du suicide est l’affaire de tous. On peut parfois se sentir impuissant lorsqu’on se retrouve devant autant de souffrance, mais il est important de se rappeler que lorsqu’une personne parle de suicide, elle lance un appel à l’aide, elle sonne l’alarme et a besoin que quelqu’un entende sa souffrance.

C’est tous ensemble que nous pouvons faire la différence!

[1] Gérard Carrier, Idées suicidaires et prévention du suicide à l’Université: description des services offerts aux étudiants et étudiantes. Document de travail, Enseignement supérieur, ministère de l’Éducation, 1999 (page3)

[2] Rapport annuel 1998-1999 de l’Ombudsman, À l’heure de la solidarité, Université Laval.