S’outiller pour mieux s’affirmer

Qu’est-ce qu’un comportement affirmé?

Un comportement affirmé permet des contacts avec autrui en misant sur le dialogue et l’écoute. La personne qui adopte un comportement affirmé mise sur la négociation plutôt que la menace. Elle ne cherche pas à rabaisser l’autre, ni à s’imposer, mais plutôt à nommer ses limites et ses besoins tout en respectant les autres. L’avantage d’un tel comportement est de dire ce que vous ressentez au lieu de ruminer des pensées négatives à propos d’une situation ou d’une personne. Ainsi, un comportement affirmé permet de mieux vous entendre avec les autres et d’obtenir ce que vous souhaitez

Gare aux pensées qui vous freinent

Lorsque vient le moment de vous affirmer, il se peut que toutes sortes de pensées vous viennent en tête et vous découragent de le faire (ex : « Je n’ai rien d’intéressant à dire. » « On va me dire non de toute façon. », etc.). Vous ne pouvez pas vous empêcher d’avoir ces pensées, mais tentez de ne pas les écouter et portez votre attention sur les avantages associés au fait de vous affirmer (ex : développer de nouvelles amitiés, demander un congé, etc.). Concentrez votre attention sur vos objectifs et vos habiletés de communication plutôt que sur votre discours interne. Retenez un seul mot : OSER!

PRATIQUER POUR DÉVELOPPER SES HABILETÉS

La seule lecture de ce texte ne suffit pas à développer ses habiletés relationnelles. Le secret réside dans la pratique! N’attendez pas d’avoir confiance pour vous exercer, puisque le sentiment de confiance vient après l’action. Alors dès maintenant, dressez la liste des situations qui vous font vivre de l’anxiété (p.ex. parler à une personne en position d’autorité, faire des demandes, initier une conversation avec quelqu’un de votre programme, téléphoner à un service clientèle au lieu d’utiliser le clavardage, etc.). Servez-vous de cette liste pour vous fixer des défis et vous exercer. Il est important de commencer à s’exercer avec des situations qui génèrent moins d’anxiété et graduellement augmenter le niveau de défi. N’oubliez pas que même si l’anxiété se manifeste, il est préférable d’apprendre à tolérer sa présence plutôt qu’éviter la situation. Fixez-vous des objectifs réalistes et prenez le temps d’apprécier vos progrès.

AU DELÀ DES MOTS

La communication n’implique pas uniquement la parole, mais aussi le non verbal. Ce dernier est perçu par l’interlocuteur et constitue un complément d’informations car il contribue à communiquer vos émotions et peut en susciter chez l’autre. Le développement d’habiletés non-verbales est primordial afin de favoriser une bonne communication. Pour vous aider à les développer, vous pouvez observer les comportements et attitudes d’une personne de votre entourage que vous trouvez affirmée et confiante. Voici des caractéristiques non-verbales d’un comportement affirmé:

Regard

  • Contact visuel direct et soutenu.

 

Posture

  • Détendue, tête haute, épaules droites, etc.
  • Faire face à la personne.

 

 

Mouvements du corps

  • Appropriés au contenu verbal.
  • Dénotant une certaine sécurité (p.ex. ne pas cacher la bouche).
  • Gestuelle plutôt lente et non agitée.

Expression faciale

  • Qui reflète les sentiments de la personne (p.ex. triste, souriante, fâchée)

 

 

Voix

  • Assez forte et appropriée au message verbal.
  • Intonation expressive
  • Débit régulier, pas trop rapide.

L’ART DE LA CONVERSATION

Niveaux de communication

Il existe différents niveaux de communication, selon la proximité que vous avez avec la personne :

  1. La météo.
  2. Les faits (l’actualité, ce que vous avez lu, connaissances générales).
  3. Les autres (parler des personnes que l’on connait).
  4. Parler de soi (parler de ce que l’on fait, de qui on est).
  5. Parler de ses émotions.

Dans les relations sociales courantes les sujets demeurent souvent superficiels, puisque vous ne croiserez peut-être plus ces personnes. Toutefois, plus la relation évolue plus vous pouvez vous permettre des échanges émotionnels profonds. Évitez de livrer de l’information trop personnelle au premier contact.

Initier une conversation

Initier une conversation signifie de démontrer à l’autre que vous souhaitez entrer en contact. N’attendez pas d’avoir LE sujet de conversation. Parlez tout simplement!

Tenez-vous près de l’autre et orientez votre corps de façon à lui faire face.

Manifestez des comportements non-verbaux chaleureux (sourire, contact visuel…).

Répondez en donnant de l’information sur vous plutôt que seulement par oui/non.

Posez des questions ouvertes et écoutez les réponses!

N’ayez pas peur d’utiliser des sujets généraux comme la météo, l’actualité, etc.

Utilisez la situation qui vous réunit (p.ex. un cours, un film, un ami commun, etc.).

Utilisez l’information que vous possédez sur l’autre (p.ex. le livre qu’il lit, un article de sport, un tatouage, etc.).

Maintenir une conversation

Comportements

Exemples

Posez des questions ouvertes qui suscitent une réponse plus développée que oui ou non.

« Qu’as-tu fait pendant tes vacances?» Plutôt que : « As-tu passé de belles vacances? »

Écoutez l’autre, utilisez l’information contenue dans ses propos et posez des sous-questions.

« Qu’est-ce que tu as visité? »

«As-tu profité de l’occasion pour goûter à leur fromage ? ».

Donnez des informations à propos de vous qui ajoute un complément aux propos discutés.

« J’y suis déjà allé.e et j’ai adoré l’expérience pour X raison ».

 Terminer une conversation

Cessez de poser des questions.

Faites part de votre désir de mettre fin à la conversation en adoptant des comportements cohérents.

RECEVOIR ET FAIRE DES COMPLIMENTS

Recevoir des compliments

Certaines personnes trouvent difficile de recevoir un compliment, car elles ne s’estiment pas suffisamment pour croire les propos de l’autre. Apprendre à recevoir un compliment permet de développer une vision positive de soi et encourage les autres à continuer de vous complimenter.

Recevoir un compliment pourrait se résumer à dire tout simplement MERCI! Vous pouvez aussi exprimer vos émotions face au compliment (p.ex. « Merci, cela me fait plaisir de me faire dire cela. » « Cela me gêne un peu, mais merci! »)

Faire des compliments        

Apprendre à faire des compliments peut contribuer à l’harmonie de vos relations.

Comportements

Exemples

Observez les aspects positifs chez les autres.

Complimenter un ami par rapport à un nouveau vêtement

« Je trouve que tu as un beau chandail. La couleur te va bien. »

 

ou faire une remarque positive à une collègue :

« Je trouve que tu as bien résumé l’information dans ton texte».

Soyez précis dans la formulation de votre compliment.

Parlez au «JE» et soyez sincère.

FAIRE DES DEMANDES ET REFUSER

Comment faire une demande?

Faire une demande peut vous sembler difficile, voire audacieux. Toutefois, exprimer une demande vous donne tout simplement la chance de trouver une réponse favorable. Vous avez le droit de faire connaître vos besoins et n’oubliez pas que l’autre, même s’il est très proche de vous, ne peut deviner ce que vous souhaitez. 

Comportements

Exemples

Identifiez ce que vous souhaitez demander afin que le message soit clair, direct et précis.

 

Demander un congé au travail alors que vous êtes en période d’examens.

 

Parlez au « Je »

 

« J’aimerais diminuer mes heures de travail dans la semaine du 10 décembre puisque je serai en période d’examens. »

 

Message empathique

(Je comprends que…).

 

« Je comprends qu’à cette période de l’année la boutique est très achalandée, mais j’aimerais, si cela est possible, diminuer mes heures au moins pour la soirée de jeudi. »

 

  Négocier si cela est pertinent.

 

« Je suis prêt.e à donner plus d’heures la semaine suivante.»

Conclure en bons termes peu importe la réponse obtenue.

 

Mettez l’accent sur ce que vous avez obtenu et non uniquement sur ce que vous auriez souhaité.

 

Apprenez à accepter les refus sans vous sentir rejeté.e. Vous pouvez exprimer votre déception, tout en soulignant votre reconnaissance d’avoir été écouté.e.  

 

 

 

« Merci de me permettre de quitter plus tôt jeudi! »

 

 

« Je suis déçu.e de ne pouvoir avoir congé jeudi, mais je comprends que c’est difficile à cette période. Merci de m’avoir écouté.e.»

 Comment exprimer un refus?

Dire NON peut éveiller la peur de décevoir. Toutefois, dire NON vous permet de vous protéger en posant vos limites et évite de vous laisser envahir par des demandes abusives. Rappelez-vous que vous avez le droit de refuser.

Comportements

Exemples

Dire NON

 

« Non je n’ai pas envie de sortir ce soir. »

Répéter le NON au besoin.

 

« Comme je t’ai dit tout à l’heure, bien que j’adore aller au cinéma, ce soir je n’ai pas envie de sortir. »

Message empathique

« Je comprends que tu sois déçu.e, mais je préfère rester à la maison ce soir

 

Exprimer ses émotions négatives si l’autre insiste

« Ça me dérange que tu insistes… ».

Mettre fin à la discussion.

 

« Je dois te laisser, on se reprend une autre fois! Bonne soirée! »

FORMULER ET RÉPONDRE AUX CRITIQUES

Comment faire une critique?

Pour faire une critique il est important de demeurer le plus empathique possible et de s’assurer de bien la formuler. Assurez-vous de faire une critique constructive qui permettra à l’autre de s’améliorer. 

Comportements

Exemples

Décrire la situation (de façon précise, brève et objective).  Viser le comportement ou la situation et non la personne

 « Quand tu arrives en retard à nos rencontres d’équipe…» 

Exprimer ses émotions négatives en s’exprimant au «JE ».

« Quand tu arrives en retard à nos rencontres d’équipe  j’ai l’impression de perdre mon temps.»

Message empathique.

 

« Je comprends que tu as un horaire très chargé. »

Suggérer une solution (précise et réalisable).

« Est-ce que ça t’arrangerait que l’on se voit plus tard ? »

Conclure par des conséquences positives.

 

« Nous serons moins à la course et notre rencontre sera plus productive».

 Comment répondre à une critique?

Il est important de vérifier ce que l’on vous reproche exactement. En effet, il se peut que la critique s’avère fausse et entraîne ainsi inutilement un sentiment de culpabilité ou encore nourrisse votre propre autocritique.

 Étape 1 : faire l’enquête

L’enquête permet de faire un tri entre les critiques constructives et les critiques injustifiées.  Elle permet aussi d’éviter la contre-attaque immédiate. Pour faire l’enquête, posez les questions suivantes en étant le plus neutre possible :

  • Qu’est-ce qui ne va pas? Qu’est-ce qui ne te plaît pas?
  • Quand vous dites que ça ne va pas, que voulez-vous dire exactement?
  • Pourquoi trouvez-vous qu’il y a un problème? Avez-vous des exemples à me donner?
  • Comment pourrais-je faire pour améliorer la situation?
  • Qu’est-ce que vous trouvez moins adéquat dans mon travail?
  • Expliquez-moi davantage…

 Étape 2 : répondre

 

Réponse à une critique justifiée après enquête

 

Comportements

Exemples

Critique que l’on vous formule : « C’est la troisième fois que tu arrives en retard à nos réunions. » 

Reconnaître: Vous admettez les faits. Ne cherchez pas à masquer vos erreurs.

 

 « Tu as raison, cela fait plusieurs fois que j’arrive en retard à nos réunions. »

Décider : Vous pouvez décider de changer votre comportement, de ne pas le changer ou de négocier un compromis.

 

« Nous pourrions fixer la réunion à 16h30, je serais moins serré dans le temps et je pourrais t’appeler sur ton cellulaire si je dois arriver en retard.  Quel est ton numéro? »

 

Réponse à une critique injustifiée après enquête

 

Comportements

Exemples

 

Option 1 : Émettre une critique

(Voir méthode abordée précédemment)

Il s’agit d’une technique de défense modérée, mais ferme.

Critique que l’on vous formule : « Tu n’as rien fait pour le travail. »

 

Réponse : « Je comprends que tu n’es pas satisfait.e de ma partie, mais je n’apprécie pas que tu me fasses ces reproches devant tout le monde. »

 

Option 2 : Technique du brouillard : Vous évitez les coups sans contre-attaquer, vous ne donnez aucune critique et ainsi votre interlocuteur va se lasser…

C’est une technique utile avec des personnes qui critiquent de façon chronique.

Critique qu’on vous formule :

À chaque attaque, vous pouvez répondre :

 « C’est possible », « peut-être », ou encore « C’est ton opinion. »

 

Option 3 : Refus de forme :

Technique à utiliser en cas de violence verbale. Il s’agit de refuser la façon dont on vous parle.

 

« Je n’aime pas le ton sur lequel vous me parlez. », « Je refuse de discuter avec vous sur ce ton. »

 

Conclusion

Bien que l’affirmation de ses idées et les discussions puissent être difficiles si vous vivez de l’anxiété dans ces situations, l’exposition graduelle à la communication et à l’affirmation vous permettra de développer votre confiance et votre sentiment de liberté.

Références

Fanget, F. (2000).  Affirmez-vous! Pour mieux vivre avec les autres. Éditions Odile Jacob.

Harris, R (2011). Le grand saut : de l’inertie à l’action, Éditions de l’Homme.

Rédigé par Chantal Thibodeau, psychologue